Qu'est-ce que le screen Dividend (High Relative Yield) ?
Le screen Dividend (High Relative Yield) est une stratégie value fondée sur des règles, publiée par l'American Association of Individual Investors (AAII). Il n'a pas d'auteur célèbre unique ; il est né de la longue tradition de l'investissement fondé sur le rendement du dividende, qui lit une hausse du rendement comme un signal à contre-courant. Le mot important estrelatif. Plutôt que de courir après le versement brut le plus élevé, le screen pose une question plus fine : le rendement du dividende d'une action est-il élevé au regard de son propre historique sur sept ans ? Lorsque le rendement d'une entreprise dépasse sa norme personnelle, la cause habituelle est un cours déprimé, et non un dividende gonflé — et un prix bon marché sur une entreprise qui continue de verser et d'augmenter son dividende est exactement ce qu'un investisseur value cherche à trouver.
Rendement relatif contre rendement brut
Le rendement du dividende est le dividende annuel indiqué divisé par le cours de l'action ; le prix et le rendement évoluent donc en sens inverse : lorsque le cours baisse et que le versement se maintient, le rendement monte. Un screen absolu — par exemple « seulement les actions offrant un rendement supérieur à 3 % » — présente deux faiblesses. Il glisse vers le market timing, car sur un marché cher presque rien ne franchit la barre et le screen se contente de renvoyer des liquidités. Et il penche vers quelques coins du marché à forte distribution, si bien que les résultats se remplissent de services aux collectivités (utilities) et de REIT plutôt que d'un éventail de secteurs.
Mesurer chaque action au regard de son propre rendement moyen sur sept ans contourne les deux problèmes. Une valeur de biens de consommation courante qui offre rarement un rendement élevé peut être retenue lorsqu'elle se négocie au-dessus de sa norme personnelle, tandis qu'un service aux collectivités qui offre toujours un rendement élevé ne sera pas retenu à moins d'être bon marché selon son propre standard. Le référentiel voyage avec l'entreprise, ce qui élimine le biais sectoriel et permet au screen de trouver des candidats tout au long du cycle de marché plutôt qu'au seul point bas de celui-ci.
Ce que recherche le screen
- L'action se négocie sur une grande bourse, et non de gré à gré — un plancher de liquidité.
- Au moins sept ans d'historique de cours et de dividendes, de quoi couvrir un cycle de marché haussier et baissier.
- Un dividende versé au cours de chacune des sept dernières années, sans que le versement annuel n'ait jamais été réduit.
- Un dividende annuel en hausse au cours de chacun des six derniers exercices.
- Une croissance du dividende par action sur sept ans supérieure à 3 %.
- Un rendement du dividende actuel supérieur au rendement moyen de l'action sur ses sept dernières années — le test de rendement relatif élevé proprement dit.
- Un taux de distribution sur les 12 derniers mois inférieur ou égal à 85 % pour les services aux collectivités et inférieur ou égal à 50 % pour tous les autres secteurs.
- Des dettes totales rapportées à l'actif total inférieures à la norme du secteur de l'entreprise.
- Une croissance du bénéfice par action sur trois ans supérieure ou égale à celle du secteur sur la même période.
Pourquoi les filtres de qualité comptent
Un rendement élevé à lui seul est dangereux, car il traduit souvent l'anticipation par le marché d'une baisse du dividende, le cours étant déprécié en conséquence. Un rendement relatif élevé n'est un signal d'achat que si le versement survit ; le screen entoure donc le rendement de contrôles de pérennité. Les règles relatives à l'historique du dividende — versé pendant sept ans, jamais réduit, augmenté au cours de chacune des six dernières années, et croissant à plus de 3 % par an — sélectionnent les entreprises qui ont à la fois la discipline et les flux de trésorerie pour continuer de payer. Les plafonds de taux de distribution confirment que le dividende est couvert par les bénéfices : un taux de distribution supérieur à 50 % est depuis longtemps considéré comme un signal d'alerte, et les services aux collectivités disposent d'une marge plus large parce que des taux élevés y sont normaux. Le test de bilan — dettes totales rapportées aux actifs inférieures à la norme du secteur — importe parce que les dividendes se paient en trésorerie, et qu'un bilan tendu est le premier à céder. Exiger une croissance des bénéfices sur trois ans au moins égale à celle du secteur maintient les profits en progression sous le dividende, car un versement ne peut distancer les bénéfices très longtemps. Ensemble, ces critères transforment un signal brut à contre-courant en quelque chose de plus proche de « bon marché pour une raison réparable plutôt que fatale ».
Ce qu'il faut garder à l'esprit
La prémisse du screen est aussi son principal risque. Un rendement élevé par rapport à l'historique peut signifier que le marché a correctement pressenti une prochaine baisse du dividende, et que le cours chute pour une bonne raison. Les filtres de pérennité réduisent ce danger sans l'effacer — un taux de distribution et un bilan peuvent paraître sains jusqu'au moment où les bénéfices basculent. Comme la méthode privilégie les entreprises matures ayant dépassé leur phase de forte croissance, elle tend à être à la traîne dans les marchés haussiers portés par la croissance ; ce style est resté en retrait durant une grande partie des années 1990 avant que les dividendes ne redeviennent à la mode. Un screen construit sur sept ans d'historique laissera aussi de côté les scissions et introductions en bourse récentes, et il peut conserver des valeurs qui restent bon marché bien plus longtemps qu'un investisseur patient ne l'anticipe. La liste des valeurs retenues est un point de départ : le rendement vous dit qu'une action est délaissée, pas pourquoi.
Sources
American Association of Individual Investors (AAII) — définition du screen et commentaires de Stock Investor Pro pour le screen Dividend (High Relative Yield).
La stratégie s'inspire de l'école classique de l'investissement value fondée sur le rendement du dividende ; Benjamin Graham, par exemple, soutenait que le dividende d'une action devrait au moins suivre le rythme de l'inflation.