En 2009, dans le sillage de la crise financière, William O'Neal a publié « How to Make Money in Stocks », un guide révolutionnaire qui s'est vendu à 2 millions d'exemplaires à ce jour. Contrairement à une idée répandue, William O'Neal prône le market timing, le trading et l'interprétation des graphiques boursiers pour améliorer votre stratégie d'investissement.
S'appuyant sur ses recherches sur les actions les plus performantes de 1953 à 1985, O'Neil a identifié un ensemble de caractéristiques communes à chacune de ces actions. L'abréviation CANSLIM désigne les caractéristiques importantes sur lesquelles se concentrer :
L'approche CAN SLIM souligne l'importance du bénéfice par action (BPA) du trimestre en cours pour repérer les actions prometteuses. La stratégie de William O'Neil se concentre sur les entreprises affichant un historique éprouvé de croissance des bénéfices, en particulier pendant une phase d'accélération. Pour examiner les hausses de bénéfices trimestriels, les comparaisons se font avec le trimestre équivalent de l'année précédente afin de tenir compte des variations saisonnières.
Règle C : hausse trimestrielle minimale des bénéfices de 18 % à 20 % par rapport à la même période l'an dernier.
Dans le système CAN SLIM, la croissance annuelle des bénéfices est un élément essentiel pour repérer les actions gagnantes, comme le souligne l'analyse de William O'Neil. Au-delà des bénéfices actuels, M. O'Neil insiste sur l'importance d'une croissance annuelle des bénéfices régulière et substantielle pour les leaders du marché.
La principale méthode de sélection de M. O'Neil consiste à examiner le bénéfice par action (BPA) sur les cinq dernières années, en appliquant un critère rigoureux : le BPA des activités poursuivies doit dépasser les chiffres de l'année précédente pour chacune des cinq dernières années. Cela garantit une trajectoire ascendante soutenue, avec un critère supplémentaire selon lequel les bénéfices des 12 derniers mois doivent être égaux ou supérieurs à ceux du dernier exercice.
En outre, O'Neil recommande de repérer les entreprises dont le bénéfice par action des activités poursuivies a progressé à un taux annuel minimal de 25 % au cours des cinq dernières années. Ce critère essentiel rejoint le constat d'O'Neil selon lequel les actions les plus performantes affichent souvent un taux de croissance médian de 21 %.
Règle A : taux de croissance trimestriel supérieur ou égal à 25 %
Règle A : BPA des activités poursuivies positif pour le trimestre en cours
Selon William O'Neil, les actions gagnantes ont souvent besoin d'un catalyseur pour déclencher une forte hausse du cours. Son analyse des actions gagnantes révèle que 95 % ont été propulsées par une étincelle fondamentale : un nouveau produit, une équipe de direction renouvelée ou un changement structurel du secteur. Bien que ces facteurs qualitatifs soient difficiles à cerner, O'Neil suggère d'étudier les entreprises qui passent les premiers filtres afin d'identifier les catalyseurs potentiels.
Règle N : des actions à moins de 10 % de leur plus haut sur 52 semaines
Dans le cadre CAN SLIM, le « S » représente l'offre et la demande (Supply and Demand), l'accent étant mis sur l'impact du flottant et du nombre d'actions en circulation d'une entreprise sur l'évolution de son cours.
Les recherches de William O'Neil indiquent que les actions comptant moins de 25 millions d'actions en circulation , en particulier, tendent à connaître des hausses de cours plus rapides. Une étude de Marc Reinganum va dans le même sens, en fixant le seuil à 20 millions d'actions en circulation. Pour affiner l'analyse, M. O'Neil suggère de tenir compte du « flottant », c'est-à-dire des actions détenues par le public. Le critère de sélection exige des actions dont moins de 20 millions de titres sont disponibles dans le flottant, ce qui constitue un filtre moins restrictif.
Règle S : moins de 20 millions d'actions disponibles dans le flottant
Plutôt que d'attendre que le marché évolue, William O'Neil recommande de rechercher les actions les plus performantes des secteurs à forte croissance. Il recommande d'investir dans les deux ou trois meilleures actions d'un groupe et estime que la prime éventuelle payée pour ces leaders est justifiée par les rendements nettement supérieurs qu'elles peuvent offrir.
O'Neil souligne l'importance de la force relative pour identifier les leaders du marché, en s'en servant pour comparer la performance d'une action à celle du marché dans son ensemble. Il suggère de ne retenir que les actions dont le pourcentage est égal ou supérieur à 70 %, signalant une performance supérieure à celle de 70 % de l'ensemble des actions. Pour une approche plus rigoureuse, O'Neil recommande de considérer les actions dont la force relative atteint 80 % ou 90 %, éventuellement combinées à une base graphique.
Règle L : des actions dont la force relative atteint 80 % ou 90 %
Le « I » souligne l'importance du soutien institutionnel, et William O'Neil déconseille les actions à bas prix faiblement détenues par les institutions, en raison de possibles problèmes de liquidité et de notations de moindre qualité. O'Neil suggère un seuil modéré de 3 à 10 détenteurs institutionnels au minimum pour qu'une action affiche une performance supérieure au marché.
Il est crucial de se concentrer non seulement sur le nombre, mais aussi sur l'historique de ces investisseurs institutionnels. Examiner les participations des fonds communs de placement performants fournit de précieux enseignements, et le filtrage de Stock Investor inclut un critère exigeant qu'une action compte au moins cinq détenteurs institutionnels.
Règle I : 3 à 10 détenteurs institutionnels au minimum
Bien qu'elle n'influence pas directement la sélection des actions, la tendance générale du marché a un impact significatif sur les résultats de vos investissements. William O'Neil souligne l'importance de l'analyse technique pour évaluer la direction du marché, insistant sur la nécessité de comprendre si l'on se trouve dans un marché haussier ou baissier.
Les conseils d'O'Neil comprennent le suivi quotidien attentif des moyennes de marché et le transfert rapide d'une partie du portefeuille en liquidités lors des sommets de marché et des retournements majeurs.
Il met en avant l'importance de reconnaître les signaux d'alerte, comme des actions qui ne dégagent pas de profit et de forts volumes sans progression notable des cours. En outre, O'Neil suggère de surveiller les actions de la Réserve fédérale comme confirmation fondamentale des tendances de marché, relevant notamment les hausses du taux d'escompte comme précurseurs possibles d'un repli économique et boursier.
Règle M : confirmation fondamentale de l'action du marché : le taux d'escompte est souvent un précurseur d'un repli à la fois économique et boursier.